Cancer du rectum
Aperçu/Epidémiologie
Le nombre annuel de cancers du rectum dépasse les 2.400 cas en Belgique.
Nous prenons en charge une cinquantaine de patients atteints de ce type de tumeur par an.
Facteurs de risques
Certains cancers colo-rectaux surviennent de manière isolée ou « sporadique », chez des sujets qui n’y sont pas réellement prédisposés, d’autres au sein de familles qui présentent une prédisposition génétique. Les cancers sporadiques se manifestent généralement vers 65 ou 70 ans. Une consommation exagérée de viande rouge ou insuffisante de fibres, un manque d’exercice physique pourraient les favoriser. Des facteurs environnementaux sont également incriminés. Enfin, il existe un effet favorisant des maladies inflammatoires de l’intestin, comme la maladie de Crohn et la recto-colite ulcéro-hémorragique. L’évolution du cancer colo-rectal sporadique est lente : plusieurs décades s’écoulent entre son début et l’apparition des premiers symptômes.
La polypose adénomateuse familiale est une maladie précancéreuse héréditaire dans laquelle la mutation d’un gène est transmise d’une génération à l’autre. Cette maladie est responsable d’1 pour cent des cancers colo-rectaux en Belgique. Comme le risque de dégénérescence maligne est de 100%, une chirurgie prophylactique, c-à-d une ablation complète du colon et du rectum avec reconstruction du circuit intestinal, avant l’apparition du cancer s’impose. Les membres de la CPTCR ont été parmi les premiers à rechercher ces mutations. Ils ont ainsi été à l’origine de la création, dès 1993, du registre national de la polypose, géré par la FAPA (Familial Adenomatous Polyposis Association).
Le cancer colo-rectal héréditaire sans polypose, encore appelé syndrome de Lynch, constitue une autre forme de cancer héréditaire. Il représente 5% des cancers colo-rectaux. Ces cancers héréditaires surviennent plus précocement que les cancers sporadiques. Ils sont parfois multiples et peuvent toucher d’autres organes. Cela souligne l’intérêt d’un dépistage précoce dans les familles à risque. L’anomalie génétique responsable de ce cancer a été découverte en 1998 et, dès sa découverte, elle a été recherchée de manière systématique dans toutes les tumeurs du côlon opérées dans notre centre. Cette démarche a permis d’identifier les malades présentant l’anomalie et de réaliser les examens de dépistage nécessaires au sein de leur famille, via les consultations de conseil génétique.
Symptômes
Un changement dans les habitudes de défécation (augmentation inhabituelle de la fréquence des selles, alternance de diarrhées et de constipation…) constitue souvent un des premiers signes de la maladie. Des pertes de sang par l’anus peuvent également être révélatrices. Ces pertes sont parfois importantes mais fréquemment intermittentes et banalisées à tort.
Dépistage
Le dépistage du cancer colo-rectal devrait débuter à partir de 50 ans. Les méthodes de dépistage reconnues les plus efficaces sont la recherche annuelle de sang dans les selles, examen prescrit idéalement par les généralistes et les gastro-entérologues. Si ce test est positif, une coloscopie est proposée.
Dans les familles à risque, le dépistage doit débuter avant 50 ans, de préférence à 40 ans ou 10 ans avant la survenue du premier cancer au sein de la famille. Dans ce cas, le dépistage sera d’emblée réalisé par la coloscopie. Cet examen permettant la meilleure détection et le traitement des polypes, nous nous devons de proposer à nos patients un examen de qualité. C'est pourquoi nous adhérons à la charte de qualité de la pratique de la coloscopie de la Communauté Française.